Jean Bélanger démarche artistique

 

Les oeuvres de verre sont pour moi des formes translucides agissant comme lentilles déformantes.À travers celle-ci s'ouvre une occasion de voir les choses autrement, de voir d'autres réels possible.
En jouant avec le feu j'explore les limites contrôlables et cré un langage primaire, intuitif et hors cadre.
Puis le verre se fige et immortalise dans le temps un moment, une impression , une idée lumineuse.
Les formes jouent parfois avec précision et délicatesse, parfois maladroitement et sans compromis pour rendre le plein potentiel d'expression de la matière.
Sculptures délicates et précises, gestes fins, brutes, maladroits se répondent et génèrent une interprétation ouverte, une multitude de sens qui s'entrecroisent.

Ludique, la brillance et la fluidité aériennes du verre s'enchevêtrent dans un assemblage équilibré d'empreintes et de volumes rythmés.

Jean Bélanger 01/2008

p.s. J'ai toujours trouvé pompeux les démarches artistiques, l'idées de changer le mondes par l'art est en fait un vestige de la révolution hippie qui, finalement a surtout été une réclamation au droit à s'amuser.

Ceux qui s'intéressent au sujet voir, "Révolte consommée (The rebel sell ) par Joseph Heath et Andrew Potter,Edition Trécarré, 2005.

 

Ma petite histoire...

Toujours j'ai dessiné; indiens, maisons, autos sports, monstres et pour dire vrai, petit je m'exstasiait des détails de la nature. Tout ça paliais à une solitude hallucinante... mais lorsque vint le temps de choisir une orientation scolaire sérieuse les arts furent radicalement mis de côté. Ce n'était pas dans les moeurs de la famille et je n'avais pas le caractère pour m'y opposer. J'avais eu le malheur de réussir à l'école donc, je pris la voie directe vers les sciences dures.

Mais je passsait mon temps à rêver, à contester intérieurement toute cette supposé évolution de la société grâce au science- que je conteste encore d'ailleurs. À bout de patience je commencai à méditer (zen) très assiduement. Sortie des sciences je créais toujours, dessin, photo, écriture (chansons).

Comment je suis tombé dans le verre?

Je travaillait dans l'atelier de mon père pendant l' étés et une fois ma tentative d'études universitaire terminé-( dans un étiolement de matière social - j'étais en activité physique mais prenais tout mes cours en anthropologie et pour finir en sciences politique.) donc une fois l'université mis de côté je travaillais à plein temps dans la menuiserie jusqu' au classique rallentissement de l'hiver. Un jours que j'étais au chômage mon père m'offre un travail dans un atelier de verre ( Métover) qu'il acheterait pour compléter son atelier de portes et fenêtres anciennes.

"Oui , à condition que je ne fasse pas de truc coupant" et voilà j'étais embarqué.
Pour la première fois de ma vie j'étais payé pour dessiner, payé pour faire de la chambre noire avec des film photos immenses (16"x20"), de la sérigraphie à l'acide et du jet de sable.

Après deux années je m'envolai pour la France en espérant pouvoir devenir apprentit avec Antoine Leperlier ( pâte de verre) . En France j'appris qu' on venais de créer Espace verre à Montréal, je revins à Québec commençai à faire mon porte-folio et y pris un stage. Dès la première cueillète je fus charmé par le processus du soufflage. L'intensité de la chaleur sèche, le bruit , l'effort,les difficultés de la matière, les contraintes de rythme, de vitesse, de force et de souffle. Dix ans plus tard j'avais mes propres fours.

à suivre...